Portrait cinématographique du juge Hassan Kawas entouré de livres de droit et d'archives familiales

Saida. Baakline. Le Conseil de justice.

Le juge qui a suivi le dossier que le pouvoir voulait enterrer.

Le juge Hassan Kawas, magistrat libanais originaire de Saida, fut chargé de l'enquête judiciaire sur l'assassinat de Kamal Joumblatt. Cette page française rassemble les éléments essentiels: la décision publiée en 1996, les témoignages postérieurs, et la reconstruction documentaire conservée par Lebanon News Online.

Il a fixé les faits judiciaires, même lorsque l'Etat ne pouvait pas porter politiquement leurs conséquences.

Portrait judiciaire

Un magistrat libanais au croisement du droit, de la guerre et de la mémoire.

Hassan Nabil al-Kawas est né à Saida en 1928. Après des études de droit à l'Université Saint-Joseph et plusieurs années d'exercice comme avocat, il entra dans la magistrature libanaise en 1962.

Son nom reste surtout lié au dossier Kamal Joumblatt: l'assassinat du 16 mars 1977 sur la route Kfarhim-Baakline, le renvoi devant le Conseil de justice, et sa nomination comme enquêteur judiciaire le 22 mars 1977.

La décision publiée par As-Safir en mai 1996 fixe le coeur légal du dossier: les faits du crime, la Pontiac Firebird, les indices de véhicule, puis l'impasse judiciaire, sans identification officielle des auteurs, complices ou instigateurs.

Dossier Kamal Joumblatt

La décision judiciaire, puis les récits de pression sur Kawas.

La décision de 1996 conclut qu'après dix-neuf ans d'enquête, les auteurs, partenaires, intervenants et instigateurs n'avaient pas été découverts. Les poursuites furent abandonnées, les mandats retirés, et les pièces conservées.

Les sources postérieures décrivent cependant une enquête dangereuse. Independent Arabia rapporte que Kawas fut menacé à plusieurs reprises, exposé à une tentative d'enlèvement, puis visé par une roquette tirée sur sa maison, qui l'aurait incendiée et blessé son fils.

La page documentaire d'Al Jazeera conserve aussi la version familiale: le fils de Kawas raconte des menaces et des tentatives de meurtre, dont une balle entrée dans la chambre du juge, l'incendie de la maison, et une tentative d'assassinat alors qu'il était avec son épouse.

Ces éléments sont présentés ici comme témoignages attribués et reconstruction journalistique, distincts des faits judiciaires établis par la décision publiée.

Lebanon News Online / Al Jazeera Documentary

Une reconstruction organisée autour de trois pistes.

Lebanon News Online conserve l'enquête documentaire "Trois ennemis: lequel a tué Kamal Joumblatt?". Le récit examine plusieurs pistes politiques et accorde le développement le plus détaillé à la piste syrienne.

Cette piste suit les pressions aux barrages, un avertissement américain rapporté, la trace de la Pontiac Firebird, les hôtels, les douanes, le renseignement syrien et le nom d'Ibrahim Huweiji.

01. Rivaux maronites

La suspicion locale apparaît dès l'assassinat: Joumblatt s'opposait à la domination maronite et soutenait le camp allié aux Palestiniens. La reconstruction indique toutefois que les documents examinés ne conduisent pas à une responsabilité maronite établie.

02. Syrie d'Assad

La piste syrienne est la plus structurée: opposition de Joumblatt à l'intervention syrienne, fouilles répétées aux barrages, propos d'Abdel Halim Khaddam, et avertissement américain selon lequel les Syriens voulaient l'écraser.

Pressions sur Kawas

La reconstruction reprend le récit familial: menaces, tentative de meurtre, balle entrée dans la chambre, maison incendiée, et tentative d'assassinat alors que le juge était avec son épouse.

La voiture

La Pontiac à plaque irakienne 72719 est suivie à travers des témoignages, des hôtels de Beyrouth, des dossiers douaniers, une affaire de stupéfiants et l'affirmation que les forces syriennes ont pris la voiture et les suspects.

Huweiji

Le fil aboutit à un centre de renseignement syrien et à Ibrahim Huweiji, présenté comme un officier syrien devenu plus tard responsable dans le renseignement de l'air. Le récit se termine par une attribution à un enregistrement de Rifaat al-Assad.

Image documentaire de la Pontiac Firebird à plaque irakienne liée au dossier Kamal Joumblatt
La trace de la voitureLa Pontiac Firebird à plaque irakienne 72719 devient l'un des fils conducteurs du récit documentaire.
Image documentaire de Kamal Joumblatt prononçant un discours en juillet 1976
Le contexte politiqueLe récit place l'opposition de Joumblatt à l'intervention syrienne au centre du climat précédant l'assassinat.
Image documentaire de Kamal Joumblatt avec sous-titre arabe
La reconstructionLes images accompagnent le récit documentaire et restent distinctes des conclusions judiciaires publiées.
Note d'archive: cette section présente une reconstruction documentaire et des témoignages attribués. Elle reste séparée de la décision judiciaire publiée en 1996, qui fixe les faits légaux sans nommer les auteurs.

Dossiers et mémoire publique

Un parcours lié aux grands dossiers criminels et politiques du Liban.

Conseil de justice

Kawas a travaillé dans le cadre des dossiers exceptionnels confiés au Conseil de justice, où les crimes politiques croisent la sécurité de l'Etat.

Décision de 1996

La décision publiée conserve la scène du crime, les éléments de véhicule et l'impasse légale du dossier Joumblatt.

Sources sensibles

Les récits documentaires, familiaux et journalistiques sont conservés avec attribution, sans les confondre avec un jugement définitif.

Séminaire du 6 janvier 1990

La laïcité vue depuis une perspective islamique: le droit comme coexistence.

Le Centre culturel de recherche et de documentation de Saida situe le juge Hassan Kawas dans une discussion du 6 janvier 1990 sur la laïcité, l'islam, l'autorité civile et le système politique confessionnel libanais.

Document

Séminaire intitulé "La laïcité d'un point de vue islamique", publié dans l'archive du Centre culturel de recherche et de documentation de Saida.

Date et contexte

6 janvier 1990, à Saida, dans une période où le Liban débattait de l'identité politique, de la paix civile et de l'avenir de l'Etat.

Participants

La page mentionne une présentation du Dr Mustafa Dandashli et une contribution du juge Hassan Kawas.

Pas une hostilité à la religion

Le texte distingue une laïcité modérée de l'athéisme ou de l'effacement du religieux. L'Etat civil y protège la foi, le culte et la vie religieuse privée, tout en empêchant qu'une confession capture l'autorité publique.

Contre le confessionnalisme politique

Kawas présente la crise libanaise comme une crise politique: la peur communautaire transforme l'appartenance religieuse en instrument de pouvoir, de division et d'ingérence. La réponse proposée est une abolition progressive du confessionnalisme politique.

Islam et gouvernement civil

L'argument affirme que l'islam peut coexister avec un ordre civil démocratique, parce qu'il valorise la raison, la consultation, la justice, la dignité et la responsabilité humaine, et refuse la tyrannie.

Note d'archive: cette matière est présentée comme une pensée civique et juridique. Elle reste distincte des dossiers judiciaires de Kawas et de ses positions ultérieures sur la peine de mort.

Sources

Le fil de vérification.

Cette page française s'appuie sur les sources déjà rassemblées dans l'archive anglaise et arabe: As-Safir, Al Jazeera Documentary, Independent Arabia, les références judiciaires et Lebanon News Online.

Image de la Pontiac Firebird dans la reconstruction documentaire
La Pontiac Firebird à plaque irakienne 72719 est le fil visuel principal de la piste du véhicule.